{"id":2,"date":"2018-04-14T18:13:02","date_gmt":"2018-04-14T16:13:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/?page_id=2"},"modified":"2018-07-24T16:26:10","modified_gmt":"2018-07-24T14:26:10","slug":"page-d-exemple","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/page-d-exemple\/","title":{"rendered":"Qui est tardivo ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Par Marie-Lou PERDRIGEAT<\/em><\/p>\n<p>TARDIVO vit et travaille \u00e0 Paris. Mais il est n\u00e9 \u00e0 Villed\u00f4mer, pr\u00e8s de Ch\u00e2teau-Renault, lieu d&rsquo;origine de sa famille, auquel est attach\u00e9e toute son enfance. Ses parents, comme tous les gens de la campagne \u00e0 cette \u00e9poque, croyaient inimaginable que la peinture puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e autrement que comme une activit\u00e9 ludique.<br \/>\nLorsqu&rsquo;il se mit \u00e0 peindre, le petit Jean-Claude TARDlVEAU n&rsquo;avait jamais vu de tableaux, pas m\u00eame ceux d&rsquo;Andr\u00e9 BAUCHANT, peintre c\u00e9l\u00e8bre du Castelrenaudais dont il connaissait seulement le nom. Un tableau pourtant, trouv\u00e9 dans les pages du dictionnaire \u00ab\u00a0L&rsquo;assassinat de Marat par Charlotte Corday\u00a0\u00bb de David, le fascinait tant qu&rsquo;il a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine du d\u00e9clic. A moins que ce ne soit l&rsquo;h\u00e9ritage g\u00e9n\u00e9tique d&rsquo;un grand-p\u00e8re un peu artiste, qu&rsquo;il n&rsquo;a m\u00eame jamais connu.<br \/>\nCe qui est s\u00fbr, c&rsquo;est qu&rsquo;il portait la peinture en lui, comme un sacerdoce, alors que le contexte environnemental ne se pr\u00eatait pas \u00e0 lui en donner la vocation.<br \/>\nC&rsquo;est Pierre VIGNAC, professeur aux Beaux-Arts de Tours qui lui a fait croire en ce qu&rsquo;il faisait en parlant ainsi \u00e0 ses camarades de classe: \u00ab\u00a0Un jour, TARDIVO ne fera que de la peinture\u00a0\u00bb.<br \/>\nC&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le peintre de renomm\u00e9e internationale qui a expos\u00e9 de la Suisse \u00e0 la Chine en passant par la Russie, l&rsquo;Allemagne, le Japon et les Etats-Unis.<br \/>\nPlusieurs ouvrages lui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s. Des \u00e9coles et des coll\u00e8ges ont fait travailler leurs \u00e9l\u00e8ves sur sa peinture. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs aupr\u00e8s des enfants de l&rsquo;\u00e9cole maternelle Paul Dubois \u00e0 Paris qu&rsquo;au moment o\u00f9 il se posait certaines questions, il s&rsquo;est attach\u00e9 \u00e0 trouver plus de v\u00e9rit\u00e9 aux personnages qu&rsquo;il peignait d\u00e9j\u00e0: \u00ab\u00a0Il y a dans les dessins d&rsquo;enfant toute la v\u00e9rit\u00e9 que l&rsquo;adulte a laiss\u00e9 s&rsquo;enfuir. Il y a aussi toute la puret\u00e9 et l&rsquo;amour qui les rendent sup\u00e9rieurement beaux. Ils contiennent l&rsquo;avenir en cr\u00e9ation, oppos\u00e9 au devenir nostalgique\u00a0\u00bb.<br \/>\nL&rsquo;artiste est modeste et r\u00e9serv\u00e9 mais il sait livrer des bribes de son existence d\u00e8s la premi\u00e8re rencontre. Il offre une \u00e9coute patiente \u00e0 son interlocuteur. Il est encore fortement li\u00e9 par des amiti\u00e9s en Touraine o\u00f9 il a expos\u00e9 \u00e0 la Galerie Sainte-Croix \u00e0 Tours en 1970, et plus r\u00e9cemment \u00e0 Ch\u00e2teau-Renault (Moulin de Vauchevrier et Centre de Rencontres) en 1995 en hommage \u00e0 ses parents, et \u00e0 l&rsquo;Atelier 19 \u00e0 Tours en 1998.<br \/>\nIl peint \u00e0 l&rsquo;acrylique, plut\u00f4t sur de grands formats et fabrique<br \/>\nses instruments lui-m\u00eame pour obtenir des effets de texture int\u00e9ressants, griffant et triturant la mati\u00e8re dans une gestuelle int\u00e9rieure marqu\u00e9e.<br \/>\nSes couleurs vibrent en cama\u00efeux sourds de bruns terriens et de tons de peau, d&rsquo;o\u00f9 surgissent un jaune rare, un bleu entier, un rouge th\u00e9\u00e2tre. \u00ab\u00a0Certaines de mes \u0153uvres peuvent para\u00eetre peu color\u00e9es, mais lorsque je mets trop de couleurs j&rsquo;ai parfois l&rsquo;impression d&rsquo;apposer un artifice complaisant\u00a0\u00bb.<br \/>\nSes sujets dans cette exposition sont essentiellement des femmes, nues et toujours de face. Certaines sont encore apparent\u00e9es aux dessins enfantins de la phase t\u00eatard repr\u00e9sentant une \u00e9tape dans sa peinture. Les autres ont acquis une certaine maturit\u00e9 et deviennent plus \u00ab\u00a0femelles\u00a0\u00bb, dans l&rsquo;acceptation noble du terme. Les mains et les pieds sont toujours disproportionn\u00e9s; les visages sont repr\u00e9sent\u00e9s par les yeux et la bouche. S&rsquo;imposent alors les yeux pleins d&rsquo;expressivit\u00e9, malicieux, penauds, dubitatifs, pleins de tendresse parfois &#8230; jamais m\u00e9chants.<br \/>\nSouvent les mains, dans une attitude protectrice enveloppent la symbolique du cordon ombilical nourricier.<br \/>\nIl travaille par \u00ab\u00a0s\u00e9ries\u00a0\u00bb, dans le but d&rsquo;approfondir le sujet dans une recherche de synth\u00e8se de la forme, de la composition et des couleurs. Il offre de ce fait une \u0153uvre puissante et singuli\u00e8re qui, par ses chromatisme, stylisation et go\u00fbt du portrait, le place dans la famille multiforme des expressionnistes. Cependant, c&rsquo;est un peintre hors courant, hors nonnes, hors discours. \u00ab\u00a0TARDIVO n&rsquo;imite personne, il se contente d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame et c&rsquo;est magnifique\u00a0\u00bb.<br \/>\nLes tableaux de TARDIVO ne sont pas d&rsquo;une approche s\u00e9duisante a priori, ni m\u00eame facile, la premi\u00e8re prise de contact peut \u00eatre pour certains un v\u00e9ritable choc int\u00e9rieur assez brutal. C&rsquo;est un travail qui ne peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 au premier regard et le d\u00e9clic n&rsquo;est pas forc\u00e9ment spontan\u00e9.<br \/>\nLa perception et l&rsquo;acceptation de son \u0153uvre ne sont pas dues \u00e0 une simple habitude de regarder, mais de voir. C&rsquo;est la recherche de la beaut\u00e9 int\u00e9rieure, comme une richesse d&rsquo;\u00eatre &#8211; le vrai ne s&rsquo;encombre pas du joli -. Les enfants qui ne s&#8217;embarrassent pas de pr\u00e9jug\u00e9s, ni de justifications, per\u00e7oivent la peinture de TARDIVO d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s souvent spontan\u00e9e.<br \/>\n\u00ab\u00a0Les adultes confits dans le leurre de leurs certitudes, se donnant comme interdit de voir ou d&rsquo;entendre ce qui les d\u00e9range, ont tr\u00e8s souvent perdu de vue qu&rsquo;ils pourraient encore r\u00e9agir sans honte, avec leur sensibilit\u00e9\u00a0\u00bb. TARDIVO nous bouscule, il s&rsquo;est peut -\u00eatre servi de ces formes en apparence infantiles pour nous ramener \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 tout nous redevient possible.<br \/>\nLes \u0153uvres de TARDIVO accroch\u00e9es au Ripault sont repr\u00e9sentatives d&rsquo;une d\u00e9marche engageant les trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Elles sont aussi l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un long travail, d&rsquo;une longue pratique de recherches picturales dont les strates s&rsquo;accumulent depuis 50 ans. TARDIVO marque une empreinte vraie et sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>Marie-Lou PERDRIGEAT<br \/>\n2002<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Marie-Lou PERDRIGEAT TARDIVO vit et travaille \u00e0 Paris. Mais il est n\u00e9 \u00e0 Villed\u00f4mer, pr\u00e8s de Ch\u00e2teau-Renault, lieu d&rsquo;origine de sa famille, auquel est attach\u00e9e toute son enfance. Ses parents, comme tous les gens de la campagne \u00e0 cette \u00e9poque, croyaient inimaginable que la peinture puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e autrement que comme une activit\u00e9 ludique. 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