{"id":1441,"date":"2018-07-24T16:36:56","date_gmt":"2018-07-24T14:36:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/?page_id=1441"},"modified":"2018-07-25T12:17:59","modified_gmt":"2018-07-25T10:17:59","slug":"jeanine-rivais","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/jeanine-rivais\/","title":{"rendered":"Jeanine RIVAIS"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9TRANGES, LES PETITES CR\u00c9ATURES DE TARDIVO<\/p>\n<p>Toutes les \u0153uvres de Tardivo ont une g\u00e9ographie commune : un espace sans d\u00e9finition sociale, sans g\u00e9om\u00e9trie ni perspective. Simplement, un \u00ab\u00a0territoire\u00a0\u00bb entour\u00e9 -prot\u00e9g\u00e9 ? &#8211; par un encadrement blanc dont les bords int\u00e9rieurs sont macul\u00e9s de taches de peinture de couleurs violentes (noirs, jaunes ou rouges crus ; verts et bleus plus \u00e9pisodiques, en aplats fortement d\u00e9limit\u00e9s). Sur cette \u00ab\u00a0frange\u00a0\u00bb se d\u00e9tachent parfois des lambeaux de phrases. Mots souvent incomplets, plac\u00e9s l\u00e0 non pas apparemment pour d\u00e9livrer un \u00ab\u00a0message\u00a0\u00bb, mais pour cerner culturellement le lieu de vie des cr\u00e9atures qui l&rsquo;habitent ; cr\u00e9er un \u00e9quilibre \u00e0 partir de ce qui constitue finalement un cadre dans le cadre ; au \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb duquel, et \u00e0 l&rsquo;avant-plan, dans des nuances de blancs cr\u00e9meux ou gris\u00e2tres, tel un f\u0153tus dans son milieu confortable, se trouve un \u00ab\u00a0\u00eatre vivant\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p>Toujours homomorphe, ce petit personnage est aussi toujours de face, semblant \u00ab\u00a0poser\u00a0\u00bb pour le spectateur ! Et, sur les cimaises, ce sont d&rsquo;\u00e9tranges instantan\u00e9s de non moins \u00e9tranges figures, intemporelles, toutes semblables et n\u00e9anmoins chaque fois diff\u00e9rentes, dessin\u00e9es s ans souci. de r\u00e9alisme, ex\u00e9cut\u00e9es de fa\u00e7on tr\u00e8s rudimentaire. Ces cr\u00e9atures \u00e0 la t\u00eate sans cou , large et massive, riv\u00e9e sur le corps-v\u00eatement, sont solidement camp\u00e9es sur des jambes minuscules termin\u00e9es par des pieds de formes si bizarres qu&rsquo;ils ont l&rsquo;air parfois de petits animaux blottis aux&#8230; pieds de leur ma\u00eetre ! Simples, tellement simples que, de prime abord, elles ressemblent \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre \u00e0 des dessins enfantins ! Mais, imm\u00e9diatement, intervient le sens inn\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne de Tardivo. Car c&rsquo;est bien l\u00e0 le sommet de son art : savoir, l&rsquo;air de rien, uniquement avec un trait (volontairement) perturb\u00e9, parfois hach\u00e9, comme incertain, rendre \u00e9vidente dans leur immobilit\u00e9 de fa\u00e7ade, l&rsquo;existence de ses personnages. S&rsquo;imposent alors les gros yeux charbonneux pleins d&rsquo;expressivit\u00e9 ; malicieux, penauds ou dubitatifs&#8230; jamais m\u00e9chants ; \u00e9cart\u00e9s aux limites de la t\u00eate inclin\u00e9e. Et puis de larges oreilles d\u00e9coll\u00e9es des cr\u00e2nes chauves. La bouche, grande ouverte, comme rajout\u00e9e sur le visage, d\u00e9tach\u00e9e m\u00eame parfois \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un gros cigare ; ou au contraire, fix\u00e9e par un fil qui ferait le tour de la t\u00eate ! Le nez, souvent absent ou se promenant \u00e0 son gr\u00e9 en quelque strat\u00e9gie faciale inattendue ! Quant aux bras, ils semblent \u00ab\u00a0poser probl\u00e8me\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;artiste : tant\u00f4t ils sont d\u00e9mesur\u00e9ment longs, soud\u00e9s au corps, tant\u00f4t atrophi\u00e9s, presque inexistants ; mais, dans tous les cas ils se terminent par d&rsquo;\u00e9normes mains \u00e0 trois ou quatre doigts boudin\u00e9s, largement \u00e9panouis.<\/p>\n<p>Inutile, donc, de chercher dans ces compositions, morphologies raffin\u00e9es, narrations ou descriptions complaisantes. Seules sont \u00e9videntes les silhouettes \u00e0 l&rsquo;impact \u00e0 la fois d\u00e9bonnaire et ludiquement grave, la fantaisie tendre et po\u00e9tique de cette \u0153uvre \u00e9minemment personnelle. Tout se passe comme si, d\u00e9sireux de rendre autant de souvenirs vivaces r\u00e9manents, d&rsquo;impressions br\u00e8ves fouettant comme des flashes son imaginaire, le peintre gardait en t\u00eate -au c\u0153ur aussi, vu la constance de son investissement pictural -, les caract\u00e8res essentiels de l&rsquo;\u00eatre humain ; et, en toute simplicit\u00e9, les restituait sur sa toile ! Il offre de ce fait au visiteur, une \u0153uvre puissante et singuli\u00e8re ; qui, en raison de sa r\u00e9flexion personnelle, l&rsquo;\u00e9carte de la cr\u00e9ation brute dont sa d\u00e9marche esth\u00e9tique est pourtant proche ; qui est souvent un peu na\u00efve par la mani\u00e8re dont le concernent ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me traduits par chaque tableau ; mais qui surtout, par son chromatisme, sa stylisation et son go\u00fbt du \u00ab\u00a0portrait\u00a0\u00bb le place dans la famille multiforme des Expressionnistes.<\/p>\n<p>Jeanine RIVAIS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9TRANGES, LES PETITES CR\u00c9ATURES DE TARDIVO Toutes les \u0153uvres de Tardivo ont une g\u00e9ographie commune : un espace sans d\u00e9finition sociale, sans g\u00e9om\u00e9trie ni perspective. 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