{"id":1403,"date":"2018-07-24T15:53:32","date_gmt":"2018-07-24T13:53:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/?page_id=1403"},"modified":"2018-07-25T12:17:59","modified_gmt":"2018-07-25T10:17:59","slug":"jacques-castell","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/jacques-castell\/","title":{"rendered":"Jacques CASTELL"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;est en 1986, au Salon \u00abArt Pluriel\u00bb de Rueil-Malmaison que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois les \u0153uvres de Jean-Claude TARDIVO. Il y \u00e9tait invit\u00e9 d&rsquo;honneur.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0, les grands personnages qu&rsquo;il y pr\u00e9sentait surprenaient beaucoup par leurs particularit\u00e9s morphologiques: silhouettes rebondies, esquiss\u00e9es, plus sugg\u00e9r\u00e9es que d\u00e9finies, visages bouffis, mains \u00e9normes et largement ouvertes, prolong\u00e9es exag\u00e9r\u00e9ment par des doigts boudin\u00e9s et \u00e9cartel\u00e9s pr\u00eats \u00e0 saisir&#8230; on ne sait trop quoi, \u00e9piderme emp\u00e2t\u00e9 de ces corps embryonnaires compl\u00e8tement englu\u00e9s dans un fond d&rsquo;ocre gris\u00e2tre et terreux comme s&rsquo;ils \u00e9taient encore prisonniers de leur gangue originelle.<br \/>\nTravaillant par \u00e9tapes, TARDIVO laisse peu \u00e0 peu la couleur entrer dans ses toiles. Quelques bleus assourdis viennent dialoguer avec les terres et les ocres rompus&#8230; quelques orang\u00e9s chantent dans le r\u00f4le d&rsquo;une tonique faisant vivre les dominantes de gris multiples&#8230; puis, les couleurs \u00e9voluent vers plus de franchise les compl\u00e9mentaires vibrant \u00e0 l&rsquo;unisson de leurs primaires&#8230;<br \/>\nEn m\u00eame temps, sans pour autant \u00eatre vraiment plus pr\u00e9cises, et conservant toujours dans leur essence cet aspect \u00ab arrondi\u00bb et cet esprit enfantin qui les caract\u00e9risent, les formes se d\u00e9tachent et s&rsquo;isolent du fond: TARDIVO les dessine davantage et pr\u00e9cise \u00e9galement l&rsquo;essentiel de leur environnement. Presque toujours asexu\u00e9s jusqu&rsquo;alors, il semblerait aussi que les personnages aient tendance \u00e0 se f\u00e9miniser&#8230;<br \/>\nTout cela se retrouve dans les toiles que TARDIVO nous montre aujourd&rsquo;hui. Elles sont bien le reflet d&rsquo;une lente maturation, d&rsquo;une gen\u00e8se d\u00e9licate, soumise \u00e0 bien des emb\u00fbches et des al\u00e9as. Elle sont le fruit d&rsquo;un travail suivi, coh\u00e9rent, o\u00f9 l&rsquo;artiste, laissant libre cours \u00e0 son talent comme \u00e0 sa fantaisie cr\u00e9atrice, a poursuivi sans se soucier des modes ni des canons des Beaux-Arts, la route qui s&rsquo;imposait \u00e0 lui : \u00ab Je ne d\u00e9cide pas de ce que je vais faire &#8211; dit-il, j&rsquo;\u00e9coute ma petite musique qui en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 me laisse aller sur le chemin que je dois suivre\u00bb.<br \/>\nS&rsquo;exprimant toujours dans une in\u00e9galable libert\u00e9 d&rsquo;esprit et de geste, il nous offre \u00e0 la fois une part d&rsquo;enfance et de tendresse (mais avec quelle force chromatique !) et t\u00e9moigne en m\u00eame temps de sentiments exacerb\u00e9s, d&rsquo;une r\u00e9volte, fougueuse, certes, mais jamais agressive.<br \/>\nUsant de ses propres signes, de son propre vocabulaire, il construit sans r\u00e8gles ni lois son propre monde, son univers \u00abtardivesque \u00bb, assemblage narratif al\u00e9atoire compos\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments v\u00e9cus, rem\u00e9mor\u00e9s, pris sur le vif du quotidien ou dans le r\u00e9pertoire des connaissances, et le raconte, d&rsquo;une \u00e9criture spontan\u00e9e guid\u00e9e par une technique habilement enlev\u00e9e nourrissant ses toiles d&rsquo;une couleur-mati\u00e8re onctueuse dont on se d\u00e9lecte avec gourmandise&#8230;<br \/>\nCette peinture, contemporaine dans l&rsquo;expression et primitive dans l&rsquo;esprit tout en restant classique dans ses sujets, est, peut-\u00eatre, l&rsquo;h\u00e9riti\u00e8re d&rsquo;un DUBUFFET, voire par certains c\u00f4t\u00e9s, d&rsquo;un PICASSO ou d&rsquo;un LORJOU, mais elle apporte une ind\u00e9niable nouveaut\u00e9. Elle demeurera comme le t\u00e9moignage sinc\u00e8re d&rsquo;un artiste g\u00e9n\u00e9reux, authentique, qui, d\u00e9barrass\u00e9 de toute contrainte esth\u00e9tique, nous fait part, sous couvert d&rsquo;une d\u00e9sinvolture apparente et parfois d&rsquo;un humour rageur et corrosif, de la fragilit\u00e9 de l&rsquo;existence et, sans doute, du plus profond ressenti de son \u00eatre propre.<br \/>\nCe qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que cette peinture ne laisse personne indiff\u00e9rent et que TARDIVO est en train de marquer magistralement son passage&#8230;<\/p>\n<p>Jacques CASTELL<br \/>\nAvril 2005<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est en 1986, au Salon \u00abArt Pluriel\u00bb de Rueil-Malmaison que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois les \u0153uvres de Jean-Claude TARDIVO. Il y \u00e9tait invit\u00e9 d&rsquo;honneur. D\u00e9j\u00e0, les grands personnages qu&rsquo;il y pr\u00e9sentait surprenaient beaucoup par leurs particularit\u00e9s morphologiques: silhouettes rebondies, esquiss\u00e9es, plus sugg\u00e9r\u00e9es que d\u00e9finies, visages bouffis, mains \u00e9normes et largement ouvertes, prolong\u00e9es exag\u00e9r\u00e9ment [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-1403","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1403"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1403\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1422,"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1403\/revisions\/1422"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.jctardivo.com\/galerie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}